Chapelle Ste-Marguerite (La Rochelle), France

C'est dans cette chapelle que l'ancêtre Pierre Dagenais dit Lépine a été baptisé. C'était le dimanche 17 septembre 1634, à Saint-Sauveur de La Rochelle (Charente-Maritime), France.

Acte de baptême de Pierre Dagenais (1634-1689)

Voici l'acte de baptême de Pierre Dagenais dit Lépine. Puisque l'acte de naissance n'a jamais été retrouvé, il était d'usage que les baptêmes avaient lieu le même jour que la naissance.

Anne Marguerite Brandon (1634-1689)

Anne Marguerite Brandon, une jolie jeune femme âgée de 31 ans et une Fille du Roy, débarqua à Québec pour la première fois, le 18 juin 1665 avec 30 engagés, 90 autres jeunes femmes et Filles du Roy.

Maison de François Dagenais fils

En 1774, le cultivateur François Dagenais fils reçoit de ses parents, François Dagenais et Marguerite Turcot, la terre agricole familiale, une maison en bois et d’autres bâtiments. Elle est située au 5555, rue Jarry Est, St-Léonard, Montréal.

Chapelle Notre-Dame de Montréal

Pierre Dagenais fréquenta Anne Brandon, l'aima et la conduisit au pied de l'autel de la chapelle de l'Hôtel-Dieu à Montréal pour la bénédiction nuptiale, mardi le 17 novembre 1665.

Le vieux port de La Rochelle (Charente-Maritime)

Cette peinture représente le vieux port de Saint-Sauveur, à La Rochelle (Charente-Maritime), en France à l'époque de Louis XIII.

Acte de mariage du couple Brandon/Dagenais

Ce document atteste que le couple Brandon/Dagenais avaient unis leur destin le 17 novembre de l'an 1665, à la chapelle Notre-Dame de Montréal. Source: Migrations.fr

Blason de la famille Dagenais
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mercredi 22 avril 2015

Irena Sendler, la Juste parmi les nations

Irena Sendlerowa, née Krzyżanowska, a vu le jour le 15 février 1910 à Otwock, une ville de la voïvodie de Mazovie, dans le nord-est de la Pologne. Elle est décédée le 12 mai 2008 à Varsovie à l'âge vénérable de 98 ans.

Seconde Guerre Mondiale - 1942


Irena était une résistante et une militante polonaise qui a sauvé 2,500 enfants juifs dans le ghetto de Varsovie. Dès les premiers jours de l’occupation allemande, elle commence à travailler au Département de l’Aide Sociale à la mairie de Varsovie où elle organise l’aide aux pauvres. 

Irena Sendler
Dans la section d’aide à l’enfant, un groupe clandestin sous la direction de l’écrivain Jan Dobraczyński se forme pour venir en aide aux enfants abandonnés qui sont légion à Varsovie après 1939. 

Cette aide concerne aussi les enfants sortis clandestinement du ghetto. Certains de ces enfants se sont enfuis par un trou dans le mur du ghetto, d’autres ont été sortis dans des camions de pompiers, des ambulances, sous les ordures… 

Le groupe prépare des faux papiers (certificats de naissance, enquêtes familiales) pour placer les enfants dans les orphelinats ou familles d’accueil.  Le gouvernement polonais en exil à Londres s’est chargé d’envoyer des fonds et créa Żegota, une Commission clandestine d’aide aux Juifs. 

L’action de Jolanta (nom de clandestinité d’Irena) est souvent liée à Żegota alors que ce mouvement n’a vu le jour qu’en septembre 1942 ; Irena et ses collègues opéraient depuis trois ans déjà. 

La Commission et l’argent qui venait de Londres via les canaux clandestins sont néanmoins arrivés au moment où la vie de plusieurs milliers de personnes cachées du côté « aryen » était en jeu. 

Bien que les Allemands aient commencé à regarder de plus près les dépenses du Département de l’Aide Sociale - une menace planait sur le groupe - les fonds ainsi alloués par la structure clandestine du gouvernement polonais en exil, ont permis de continuer l’action en contournant les contrôles entrepris à la mairie.

En décembre 1942, la Commission d’aide aux Juifs la nomme chef du département de l’enfance. Elle organise le passage clandestin des enfants du Ghetto vers les familles et les institutions à Varsovie, Turkowice et Chotomów (près de Varsovie).

Le 20 octobre 1943, elle est arrêtée par la Gestapo et emmenée à la prison de Pawiak ; malgré les tortures qui la laissèrent infirme à vie (bras et jambes brisées), elle n’avouera rien sur son réseau et elle est condamnée à mort. 

Żegota réussit à la sauver en achetant les gardiens de la prison.

Irena garda tous les noms des enfants qu'elle avait sortis du Ghetto et garda ces noms dans une jarre en verre enterrée derrière un arbre au fond de son jardin derrière sa maison. 

Après la guerre, elle essaya de localiser tous les parents qui avaient pu survivre et tenta de réunir les familles; mais la plupart avaient été gazées. 

Les enfants qui avaient été sauvés ont été placés dans des familles d'accueil ou ont été adoptés.

Elle est reconnu "Juste parmi les nations " par Yad Vashemen en 1965.

Elle a été proposée pour le prix Nobel de la paix, mais n'a pas été retenue; c'est Al Gore qui fut primé pour son film sur le réchauffement de la planète.



Distinctions et récompenses

En 1965, elle a été honorée à Yad Vashem au titre de « Juste parmi les nations ». En 1991, elle devient Citoyenne d'Honneur de l’État d'Israël. En 2003, elle a reçu l’Ordre de l’Aigle blanc, la plus haute distinction civile polonaise. 

En 2007, elle a le plaisir d'obtenir une distinction de l'Ordre du Sourire, attribuée chaque année à des personnalités œuvrant pour « Le bonheur et le sourire des enfants », prix décerné par des enfants du monde entier. 

En mars 2007, le gouvernement polonais de Lech Kaczyński a proposé qu’elle soit élevée au rang d’Héroïne nationale, ce que le Sénat a voté à l’unanimité. Le Sénat polonais a en outre recommandé sa candidature au prix Nobel de la paix

De santé fragile, Irena Sendler était restée à l'écart des cérémonies qui lui rendirent hommage en 2007, mais elle avait fait lire une lettre par une survivante, Elżbieta Ficowska qu'elle avait sauvé tout bébé en 1942. 

En 2009, Irena Sendler a reçu, à titre posthume, le prix humanitaire Audrey-Hepburn ; ce prix nommé ainsi en l'honneur de l'actrice et ambassadrice de l'Unicef est remis à des personnes ou organisations reconnues pour avoir aidé des enfants de manière exceptionnelle.

Bernard Dan lui rend hommage dans son roman Le livre de Joseph. Tandis qu'Anna Mieszkowska fera éditer en 2004 aux Editions Muza SA de Varsovie, Irena Sendlerowa : La mère des enfants de l'holocauste d'où sera tiré le film The courageous heart of Irena Sendler, réalisé par John Kent Harrison. 


Bande-annonce du film The Courageous Heart of Irena Sendler

Ce film est sorti aux États-Unis en 2009 avec Anna Paquin dans le rôle principal, et les acteurs Marcia Gay Harden et Nathaniel Parker.



Irena avait toujours pensé qu'elle n'était pas une héroïne et regrettait d'avoir fait si peu. Elle disait aussi : « On ne plante pas des graines de nourriture, on plante des graines de bonnes actions. Essayez de faire des chaînes de bonnes actions, pour les entourer et les faire se multiplier ».

Elle avait écrit aussi : « J'appelle tous les gens de bonne volonté à l'amour, la tolérance et la paix, pas seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix. » 

Partageons en grand nombre l'histoire de cette femme afin que son geste héroïque ne soit jamais laissé dans l'oubli et qu'on lui décerne enfin le prix Nobel de la paix...

Source : Wikipédia
Cercle Bernard Lazare (Grenoble) - Portrait d'Irena Sendler

mardi 14 avril 2015

Liste complète de l'arrivée des Filles du Roy en Nouvelle-France (1663 - 1673)


Chaque année, de 1663 à 1673, un contingent de Filles du Roy a traversé l'océan pour rejoindre la Nouvelle-France.

En 2015, la SHFR soulignera l'arrivée en 1665 des 89 Filles du Roy du troisième contingent.


Une vingtaine d'entre elles seront comme à l'accoutumée personnifiées par des femmes qui auront choisi de se jumeler à elles.

En 1665 arrivent également en Nouvelle-France les régiments de Tracy et de Carignan-Salière dont plusieurs épouseront des Filles du Roy.

Pour vous aider dans vos recherches, je vous offre de visionner la liste complète de toutes les Filles du Roy arrivées en 1663 et 1673, soit plus de 800 jeunes femmes qui ont bravement affrontées les périls de la mer et l'aventure sur une terre inconnue.

vendredi 20 février 2015

Salon du patrimoine familial à Laurier Québec

Le Salon du patrimoine familial de Laurier Québec commémorera cette année l’arrivée du régiment de Carignan-Salières, connu à travers les livres d’histoire pour avoir apporté plus de sécurité en Nouvelle-France.

Vous pouvez télécharger le programme du salon en cliquant sur ce lien : programme du salon

En 1665, quelque 1140 officiers et soldats de ce régiment débarquent pour défendre la colonie contre les attaques iroquoises et, éventuellement, peupler la colonie. Sur les presque 400 officiers et militaires restés au Canada, 285 ont pris épouse, en majorité des Filles du Roy, 252 militaires ont eu des enfants.

Parmi les associations de familles membres de la FAFQ, près d’une vingtaine de celles-ci revendiquent dans leur généalogie un militaire des compagnies arrivées en 1665. Quelquefois, il s’agit du seul ancêtre d’une lignée et souvent un ancêtre parmi d’autres.

Pour cette édition, des spécialistes en généalogie et histoire seront dans un espace prévu pour renseigner les visiteurs sur les soldats du régiment : l’arrivée en Nouvelle-France, les surnoms, les assignations, les mariages, le lieu d’installation, leur descendance et l’empreinte laissé sur la toponymie du Québec.

Thème du salon : 350e de l’arrivée du régiment de Carignan-Salières
Quand : 27, 28 février et 1er mars 2015
Où : Laurier Québec
2700, Boulevard Laurier
Québec (Québec)
G1V 4J9
Heure : Ouverture officielle du salon le vendredi 27 février à 10 h.

Un livre pour rechercher ses ancêtres parisiens établis au Canada

Depuis plusieurs années, le Fichier Origine compile les actes concernant les pionniers de la Nouvelle-France. Parmi les actes concernant la ville de Paris, la plupart sont tirés des recherches de Jean-Paul Macouin effectuées au Minutier central des notaires de Paris. 

Plusieurs de ces actes sont inscrits dans les remarques de la base de données du Fichier Origine et ne peuvent être recherchés par le moteur de recherche.

À l’occasion du congrès de la Fédération française de généalogie qui se tiendra à Poitiers, en octobre 2015, Marcel Fournier, coordonateur du Fichier Origine, dirigera la publication d’un livre qui contiendra quelques 850 actes tirés des archives civiles et religieuses de la ville de Paris. L’ouvrage de 150 pages sera édité par la Société de Recherche historique Archi-Histo de Montréal en 2015.

jeudi 15 janvier 2015

Les origines d’Anne Marguerite Brandon


Tel que confirmé par plusieurs historiens et généalogistes, Anne Brandon est arrivée à Québec le 18 août 1665. Elle avait traversé l'Atlantique à bord du Saint-Jean-Baptiste de Dieppe. Elle est également arrivé à Montréal la même année. Par son mariage avec Pierre Dagenais, elle a laissé une descendance qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. 

Son mariage

Anne Brandon n’a pas laissé de contrat de mariage. Il a été célébré le 17 novembre 1665 à la paroisse Notre-Dame de Montréal par le curé Gabriel Souart devant les témoins Pierre Jarry, Nicolas Hubert, tailleur, et Gilbert Barbier, ancien marguillier; Anne est dite : « fille de Daniel et Jeanne Proli de la paroisse de St Laurent a Sedan ». Rien dans nos registres ne suggère qu’elle ait grandi dans la religion protestante.

Yves Landry qui la considère comme une fille du roi écrit :
dans la constitution de notre répertoire des filles du roi, nous n’exigeons pas de chaque immigrante une preuve documentaire garantissant l’assistance financière de l’État par le moyen de la dot royale seule suffit la présomption fournie par l’année d’immigration, la liberté de contracter mariage et l’absence apparente d’aide privée.
Son décès – sa soeur Élisabeth à Paris et son frère Jean à Lyon

L’acte de sépulture d’Anne Brandon n’existe pas. Son mari Pierre Dagenais ayant été tué par les Iroquois le 9 août 1689, Langlois écrit qu’il en fût probablement ainsi pour elle. Une procuration signée par ses enfants mais ignorée des auteurs confirme qu’elle a subi le même sort que son mari. 

Signé le 21 septembre 1702 devant Me Pierre Raimbault, notaire à Montréal, l’acte mentionne les noms de Pierre Dagenet, Pierre Chonar et Françoise Dagenet sa femme, Claude du May dit la Feuillade et Cécile Dagenet sa femme, Élisabeth Dagenet femme de Jean Auger dit Libourne, « fils et filles de deffuncts Pierre Dagenet vivant habitant de cette isle et tailleur d’habits et de deffuncte Anne Brandon sa femme leurs pere et mere pris et tues par les Hiroquois il y a environ quatorze ans ». Par cet acte, les enfants se constituaient comme leur procureur :

Elisabeth Brandon leur tante veufve de deffunct Mathurin Corel dt a Paris chez le Sr Morel ch aud lieu rue de Sevre parroisse de S Sulpice pour recevoir du Sr Jean Brandon leur oncle maternel marchand a Lion y demeurant rue des quatre chapeaux a la plume royalle tout ce qu’il plaira aud. Sr Brandon de donner ou envoyer auxd. Dagenes […]

Les rues de Sèvres à Paris et des Quatre-Chapeaux à Lyon existent toujours.

Les sources de la région de Sedan


1. Registre paroissial protestant Les registres paroissiaux de Sedan pour la période qui nous intéresse ont été détruits en 1940. La Société de l’Histoire du Protestantisme Français avait
heureusement fait des copies des registres protestants pour lesquels il existe cependant une lacune de 1610 à 1629 inclusivement.

2. Greffe de notaire
Au tournant de 1900, le greffe du notaire Me Philippe du Cloux, arrièregrand-père de la Canadienne, passé ensuite à Me Jean Stasquin, était en la possession de l’étude Rousseau de Sedan. L’érudit sedanais Ernest Henry en a publié des extraits dans des revues savantes de la région. Il mentionne que l’étude Stasquin « appartint en 1930 à Me Maillot. Les minutes dans cette étude, elles ont disparu lors du déménagement de la rue Saint- Michel à la maison de Montagnac : c’est une grande perte pour l’histoire7».

3. Fonds d’Archives communales de Sedan
À propos de ces archives, Hubert Collin écrit : « elles sont restées inexploitées pour des travaux historiques de quelque envergure. On peut raisonnablement estimer qu’il s’agit d’un fonds neuf qui attend les chercheurs », comme ce serait le cas des lecteurs qui voudraient approfondir le sujet de cet article. Il manque toutefois beaucoup de documents : « Mai 1940 soixante caisses d’archives de la ville de Sedan furent acheminées à Tourteron : sept caisses
parvinrent ensuite à Niort. Les caisses laissées à Tourteron furent retrouvées éventrées et vidées de leur contenu. »


Contexte historique : les principautés protestantes à l’est de la France
au 16e et au 17e siècle

Pour bien comprendre l’origine des différentes familles protestantes, les du Cloux et les Brandon, dont Anne est issue, un bref rappel historique de la région qui l’a vu naître est nécessaire. 

Il y avait alors, entre la France et le Saint Empire romain germanique, des États tampons appelés principautés ou terres souveraines, rattachés par la suite à la couronne de France dont Château-Regnault et Sedan, aujourd’hui dans le département des Ardennes.


La principauté de Château-Regnault

D’abord en la possession de la famille de Clèves puis, en 1568, dans la famille de Lorraine. Le 10 mars 1629, Louise-Marguerite de Lorraine cède la principauté à Louis XIII, roi de France, Pendant la seconde moitié du 16e siècle, un arrièrearrière-grand-père d’Anne Brandon, Jean du Cloux « licencié ès-lois, bailly des terres-souveraines de Château-Renaud10 », est recruté par le prince de Sedan comme l’un des experts chargés de rédiger la Coutume de Sedan :

Le prince Henri-Robert de la Marck, duc de Bouillon, voulant améliorer la Coutume de Sedan, formée en 1539, chargea de ce travail important treize jurisconsultes... figure honorablement parmi eux. Jean du Cloux, bailli des terres souveraines de Château-Regnault. Cette coutume a paru sous ce titre :
Ordonnances du duc de Bouillon (Henri-Robert de la Marck), pour le règlement de la justice dans ses terres et seigneuries souveraines de Bouillon, Sedan, Jamets, Raucourt, Florenge, Floranville, Messaincourt, Lognes et le Saulcy; avec les coutumes générales desdites terres et seigneuries. Paris, Robert Estienne, 156811.
Après la fin des travaux, le prince Henri-Robert de la Marck convoqua les états généraux de Sedan; parmi ceux qui y prirent la parole pour parler au prince, il y avait Jean du Cloux, qualifié de « député de la commune de Sedan et orateur des États ».

La principauté de Sedan

À la fin du 16e siècle, cette principauté où fut baptisée Anne Brandon, était en possession de la famille de La Marck. Particularité : son prince, Henri-Robert de la Marck et son épouse Françoise de Bourbon, adoptèrent la religion protestante en 1563, aussi appelée religion prétendue réformée, ou RPR; c’est ainsi que Sedandevint un foyer du protestantisme.

Sedan sépare le duché de Luxembourg de la Champagne et de la France, et cette position nous explique en partie l’affluence dans ses murs des réformés allemands, français et hollandais.

Les Brandon de la région de Sedan

Châlons, lieu d’origine de nos Brandon, est à 139 km de Sedan. Les protestants n’y étaient pas les bienvenus; ainsi, dès le 3 avril 1560, « le Conseil de ville de Châlons […] prit une conclusion pour défendre expressément les assemblées illicites »; et, lorsque le 1er mai 1562 à Vassy, 60 protestants furent tués et 200 blessés, ce massacre fut « le signal de la guerre civile qui se répandit rapidement ». 

La famille Brandon avait choisi le protestantisme – et l’exil – bien avant que Sedan et son prince n’adoptent la religion réformée. Ainsi, on constate que dès 1558, le potier Jehan (Jean) Brandon de Châlons est reçu habitant de Genève :
Dès sa première éclosion, en 1517, la Réforme fut génératrice de proscriptions et d’exils […] à cette époque [1549-1560] c’est de la Réforme Française, ou tout au moins francophone, que Genève est devenue le centre avec Calvin, Bèze, Farel comme chefs, et d’innombrables Languedociens, Normands, Orléanais, Dauphinois, etc., comme troupe[…]. [Le] registre et rolle des estrangiers francoys […] et autres, lesquelz presentans supplication et jurans es mains de messieurs d’estre obeissantz subjectz […] ont esté receuz pour habiter sous la gremie de noz seigneurs et superieurs […] lundy 26 de décembre 1558 […] Jehan Brandon, pottier d’estain, natifz de Chalons en Champaigne […]
Rappelons qu’il y 444 km de distance de Châlons-en-Champagne à Genève et 573 km de Genève à Sedan18. Ce potier, Jean Brandon, est vraisemblablement l’arrière-grand-père de la Canadienne. 

Il fait baptiser trois enfants à Sedan au début de l’ouverture du registre protestant. Sur son acte de décès, son fils Abraham, également potier puis hôtelier, est qualifié de natif de Châlons-sur-Marne (ou Châlons-en-Champagne).

Sur 10 000 habitants que comptait la ville de Sedan, il n’y avait que 1500 catholiques. Louis XIII en prit possession en 1642, (Anne Brandon avait alors 8 ans), et le 30 juin 1644, son successeur Louis XIV promulgua un édit qui promettait de laisser aux protestants tous leurs privilèges :
Et quant à nos sujets desdites souverainetés faisant profession de la religion prétendue réformée […] Nous déclarons, voulons et nous plaît qu’ils continuent en la possession des mêmes droits, privilèges, prérogatives, avantages, libertés, exercices publics et particuliers de ladite religion […]
Malgré cet édit, les nombreuses mesures anti-protestantes de Louis XIV vont, par la suite, inciter bon nombre de familles huguenotes ne voulant pas se convertir au catholicisme à quitter Sedan pour des horizons meilleurs. Plusieurs se rendent aux Pays-Bas, où les protestants pouvaient librement exercer leur religion, et de là ils émigreront de par le monde, vers les colonies hollandaises de Batavia (Jakarta, Indonésie) ou de Nieuwe Amsterdam (New York).

Cela explique que si Anne Brandon a pu connaître un destin tragique en Nouvelle-France, ces mêmes années, son cousin germain, Jean Henri Brandon, peintre et fils de peintre, peignait le portrait des souverains d’Angleterre, Guillaume d’Orange et Marie Stuart; ou qu’elle soit parente avec un ancien ministre des Colonies des Pays-Bas Fokko Alting Mees, marié à Jakarta, alors colonie hollandaise; enfin, que des milliers de Nord-américains d’origine canadienne-française soient apparentés par elle avec Theodore Roosevelt, 26e président des États-Unis. Cette parentèle passe par la famille du Cloux et par Josse de Forest que certains ont erronément déclaré être l’ancêtre des Forest du Canada français.

Ce tableau nous servira à examiner les familles connues dont descend Anne Brandon.



La famille du Cloux

Élisabeth du Cloux, épouse d’Abraham Brandon et grand-mère d’Anne Brandon, est issue d’une famille de notables qui a déjà fait l’objet de publications par A. H.G. P. van den Es et le Nederland’s Patriciaat, les descendants de cette famille protestante ayant quitté Sedan pour les Pays-Bas. 

Le Nederland’s Patriciaat note avec raison qu’il y a plusieurs erreurs dans la généalogie de van den Es, jugée « incomplète et pas fiable ». La famille blasonnait d’argent, à un vaisseau voguant sur une mer, le tout au naturel. Cimier, un bras tenant un poignard dans l’action de frapper.

JEAN DU CLOUX


Le premier ancêtre connu d’Élisabeth est Jean du Cloux, licencié ès lois, bailli de Château-Regnault puis bailli de Sedan. Avec son épouse, Françoise Roland, dont nous ignorons l’ascendance, il eut plusieurs enfants, dont :
  1. Nicaise, châtelain de Château-Regnault, époux de Marie Aubertin, père deMarie du Cloux, épouse de Josse de Forest, dont une grande descendance se retrouve aux États Unis.
  2. Philippe, arrière-grand-père de la Canadienne, notaire et bourgeois de Sedan. Il épouse Marson Patoulet, non pas Manon, comme on peut le lire dans Internet. Nous ignorons qui sont les parents de l’épouse. Ils ont eu au moins cinq enfants, dont trois inscrits dans le registre RPR de Sedan :
a. Anne, m 27 septembre 1585 Gérard Baron, receveur et marchand
b. Marie, m Jean Stasquin, notaire
c. Philippe, notaire, b 20 janvier 1572
Parrain et marraine, « Robert de la Motte, capitaine de ceste ville et demoiselle Marie de Mousah », mari et femme, d’après la naissance de Judith de la Mothe le 1er octobre 1575; m Madeleine Gommeret, native de Meaux (Brie). On trouve une partie de sa descendance dans le Nederland’s Patriciaat.
d. Élisabeth, épouse d’Abraham Brandon, b 6 décembre 1575
Parrain et marraine, Jean « Gilehay » et Marie Franquin
e. Jean, b 30 septembre 1582
Parrain et marraine, Me Jean Carlier et Simone Fouquet. On retrace Jean aux Pays-Bas dès 1613
Selon le registre, le nom du parrain d’Élisabeth est bien Jean Gilehay (pour de Gelhay) et sa marraine Marie Franquin, non Jean Oilegan et Marie Stasquin comme l’ont publié van den Es et les internautes qui l’ont cité. Il s’agissait tout simplement des voisins du notaire Philippe Ducloux. Jean de Gelhay, archer, et son épouse Marie Franquin ont fait baptiser trois enfants à Sedan : Isaïe, 6 février 1575; anonyme,

22 janvier 1581; Marthe, 14 août 1583. L’érudit sedanais Ernest Henry nous apprend qu’ils ont habité :

la maison rue de l’Horloge no 10 […] vendue successivement : le 11 octobre 1565, Jean de Gelhay et Marie Franquin sa femme achètent le tiers d’une maison petite près des ramparts des murailles vers la Rivière la Meuze pour le prix de vingt-trois livres. Cette partie vendue appartenait veuve Mathieu laboureur à Floing. Le 20 juin 1571 les époux de Gelhay Franquin vendirent à M. François de Lâlouette, avocat en parlement, bailli de Vertus […] Comparait personnellement Jehan Gelhay archer des ordonnances du roi sous la charge de Monseigneur… et promet garantir même de faire gréer consentir accorder cette vendition par Marie Franquin sa femme sy besoin est… une maison.. sise en la ville de Sedan en la rue Neufve (de l’horloge) tenant d’une part, à Me Charles Deshayes, recepveur ordinaire de Monseigneur, et d’autre part à Philippe Ducloux notaire au bailliage du dit Sedan faisant front sur la rue et aboutissant par derrière aux remparts des murailles de la dite ville… Cette maison était vendue pour 2,000 livres le 17 juin 1610 à Suzanne Brandon, qu’Ernest Henry qualifie de veuve de Claude Pontois, mais que le registre de Sedan nomme Claude Poulet.

Le 6 janvier 1579 :

Philippe Ducloux, notaire et Marson Patoule sa femme vendent à Marin Bosne sieur de l’Illebonne Antheny et Chaulin demeurant au dit lieu et Françoise de Taïs sa femme – Maison rue Neuve du Menil devant l’horloge consistant en chambre et cuisine basse 2 chambres hautes, caves et cellier et double grenier. 23 pieds front sur petite Courcelle, jardin qui appartient à Collignon Eschellin la largeur de lad. maison a selon son alignement et de profondeur jusqu’a un pied pris de l’alignement des estables dudit Collignon venant à 24 pieds en profondeur – long 630 livres.

Selon Ernest Henry:

Cette maison sise à Sedan et fut acquise par Lille Bonne. La Rue Neuve du Menil devait être dans les environs où la place de la Halle joint la place d’Armes (de l’Eglise) dans le voisinage qui était sur la porte de l’horloge. À l’époque Sedan se composait de deux agglomérations : la veille ville qui comprenait la rue actuelle avoisinant le château, et le Menil qui comprenait la rue actuelle du Mesnil, les rues adjacentes et le faubourg du Mesnil; la place de la Halle a joint les 2 villes. 

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